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DON'AMS

DON’AMS : Une base de données pour connaître et soigner

DON’, comme « donner », mais aussi comme « données »….

AMS, comme "atrophie multisystématisée", la maladie qui bouleverse la vie de tant de malades et d’aidants…

L’appel DON’AMS va permettre au Centre de référence de l’AMS de finaliser l’exploitation d’une base de données de l’atrophie multisystématisée qui sera un atout dans la lutte contre la maladie.

Un statisticien a commencé à traiter les informations collectées depuis 10 ans par le Centre de référence, afin d’en faire :

     ● pour les neurologues et les chercheurs, un outil de connaissance de cette maladie rare, encore mal connue,

     ● pour les laboratoires, un outil de préparation d’essais cliniques de prochains traitements d’une maladie jusqu’à présent inguérissable.

IL MANQUE ENCORE AUJOURD’HUI 15 000€ POUR PARACHEVER CE TRAVAIL
 

Faire des données recueillies auprès des malades un outil de connaissance de la maladie et de facilitation des essais cliniques.

Depuis la création du Centre de référence de l’AMS en 2007, un recueil systématique d’informations a été réalisé auprès des patients suivis à Bordeaux et Toulouse. Il en résulte une précieuse collection de données sur l’AMS, concernant  plus de 500 patients. S’agissant d’une maladie rare, il y a peu d’équipes dans le monde qui suivent un nombre suffisant de patients pour permettre de décrire les évolutions de la maladie, de pointer des facteurs qui pourraient expliquer des profils différents, c’est pourquoi le travail sur ces informations peut permettre la création de bases de données qui permettront d’avancer dans la compréhension de la maladie.

Neurologue du Centre de référence AMS à Bordeaux, Le Dr Foubert-Samier est aussi épidémiologiste. C’est-à-dire qu’elle est formée aux méthodes d’études des données recueillies auprès de malades. Ces études visent à caractériser une pathologie, à en repérer les différents symptômes isolés ou associés et leur gravité, leur évolution dans le temps, leur fréquence selon l’âge de début de la maladie, le sexe du malade etc… Ces études sont encore plus nécessaires s’agissant d’une maladie rare et encore mal connue comme l’AMS, dont la diversité des formes interroge les médecins comme les patients.

Les informations recueillies par le centre de référence de l’AMS sont de plusieurs ordres :

● les comptes-rendus examens cliniques des patients réalisés par les neurologues lors des visites,

● les questionnaires remplis par les patients sur les conditions concrètes de leur vie quotidienne et leurs évolutions, concernant notamment les troubles dysautonomiques [1]. Ces données recueillies annuellement auprès des personnes suivies au centre de référence ne sont pas relevées de manière subjective ou impressionniste. Dès le départ, elles s’inscrivent dans un cadre défini et partagé au niveau international par les spécialistes de l’AMS : l’échelle UMSARS, comme Unified Multiple System Atrophy Rating Scales, qui traduit en chiffres des évaluations de l’état des malades et permet de suivre des évolutions.

● les données d’imagerie médicale et les données issues de biomarqueurs : 100 IRM et 70 dosages de liquide céphalo rachidien seront ainsi intégrés.

Le Centre de référence de l’AMS a engagé l’exploitation des données collectées à Bordeaux et Toulouse et créé une « cohorte », terme technique qui désigne un groupe de personnes suivies dans le temps, cohorte française de personnes souffrant d’AMS, dont l’analyse des données doit permettre de

- mieux appréhender l’évolution de la maladie,

- mieux construire les essais thérapeutiques,

- mieux appréhender des problématiques complexes et plurifactorielles comme la qualité de vie.

Améliorer la connaissance de l’AMS

Bien des questions se posent, aux malades comme aux neurologues, sur la maladie, ses symptômes, leur évolution, les conditions et la vitesse de son aggravation etc….. Seule une étude méthodique de données recueillies dans la durée sur un nombre conséquent de patients peut permettre de progresser.

Or, pour le moment, deux « cohortes » seulement ont été étudiées :

-- une cohorte de 171 patients de différents pays européens suivis pendant 2 ans par différentes équipes en Europe  a permis en 2013 de mettre en évidence un certain nombre d’évolutions-types,

- une cohorte américaine de quelque 200 patients sur laquelle l’étude a été publiée en 2015.

Pour le Dr Foubert-Samier, la cohorte française, forte des données recueillies sur 10 ans et concernant 500 malades, est plus solide, non seulement parce qu’elle comporte un nombre important de patients, mais aussi parce que la durée de suivi des personnes, de 4 ans en moyenne, peut aller jusqu’à 10 ans, ce qui est essentiel dans la recherche des conditions et des facteurs d’évolution de la maladie.

Un travail de mise en forme de ces données françaises a été entrepris en 2017 grâce à un premier financement APITHEM accordé par le GIRCI-SOHO [2] qui a permis de recruter un jeune statisticien en fin de master 2 et de le rémunérer sur l’année 2018.

Il ressort, par exemple, de ces premières analyses qu’il n’y a pas d’effet sur l’évolution de la maladie

- de l’âge auquel elle se déclare,

- ni de la forme, cérébelleuse ou parkinsonienne

En revanche, des différences apparaissent :

- selon l’importance respective de certains troubles : la prééminence au début de la maladie des chutes de tension artérielle ou des troubles vésico-sphinctériens par rapport aux troubles moteurs plus tardifs est corrélée avec une évolution plus rapide de la maladie

- selon le sexe, comme c’est le cas aussi dans d’autres maladies neurologiques évolutives : les femmes vivent plus longtemps que les hommes dans cette pathologie. Au regard d’une observation des facteurs d’évolution des malades, il apparaît que les femmes ont un niveau d’acceptation d’un handicap sévère plus élevé que les hommes, ce qui pourrait expliquer une résistance plus longue à la maladie.

Un article scientifique sera publié cette année sur ces premiers résultats, déjà présentés en octobre dernier au congrès de l’International Parkinson and Movement Disorder Society à Hong-Kong.

Enfin, le dernier travail engagé est la recherche de profils d’évolution différents. « Depuis la création du Centre de référence de l’AMS, » constate le Dr Foubert-Samier, « nous échangeons souvent au sein de l’équipe sur les rythmes d’évolution de nos patients. Il y bien sûr les moyennes d’évolution citées dans les articles sur la maladie, mais nous voyons bien que certains évoluent plus vite, d’autres plus lentement, mais sans qu’on puisse savoir ce qui fait la différence de ces évolutions. Grâce à cette base de données, nous avons commencé à rechercher, via des modèles statistiques assez sophistiqués, des profils évolutifs différents que nous avons pu répartir en 4 groupes :

- un groupe qui évolue très vite,

- deux groupes plus intermédiaires dans l’évolution

- un quatrième groupe qui semble évoluer beaucoup plus lentement, avec des suivis, par rapport aux premiers symptômes, qui vont jusqu’à 15 ou 20 ans, ce qui ne correspond pas aux chiffres moyens affichés pour ce type de pathologie. Nous devons maintenant rechercher très finement ce qui différencie ces groupes. L’intégration, dans la base, de données d’imagerie médicale et, bientôt, de celles provenant de biomarqueurs, nous y aidera ».

● Un travail qui intéresse et attire les laboratoires pharmaceutiques

A l’issue de cette première présentation en congrès, des firmes industrielles ont manifesté leur intérêt car les données évolutives sur l’AMS mises en forme par l’équipe du  Centre de référence peuvent permettre de mieux « designer » les études industrielles. « Nous sommes en discussion avec 3 industriels très intéressés par notre base de données et nos résultats, pour les aider à construire leurs essais thérapeutiques » explique le Dr Foubert-Samier « ils ont des molécules, mais comme les données précédemment publiées portent sur des suivis courts ou des cohortes peu nombreuses, ils aimeraient disposer de données plus robustes, pour mieux préparer les essais thérapeutiques et obtenir des résultats plus fiables quant à l’efficacité des molécules. ».

Reste à financer la poursuite du travail de mise en forme de la base de données.

La rémunération du statisticien est assurée jusqu’au mois de juillet 2019.

Il manque 30 000 € pour financer 6 mois d’exploitation complémentaire de ces 10 années de données.

« Le CRMR de l’AMS tenait à ce que je vous présente de travail pour savoir si, éventuellement, l’association Aramise serait intéressée pour nous aider dans le financement de l’exploitation de ces données » indique le Dr Foubert-Samier.

Le Centre de référence, en discussion avec plusieurs laboratoires, espère pouvoir signer avec eux des conventions d’accès à cette base de données. « Elle a une finalité immédiate dans la construction d’essais » dit encore le Dr Foubert-Samier, « nous sommes identifiés comme ayant un important suivi de patients. C’est pourquoi les laboratoires viennent vers nous quand ils ont une molécule.  Nous sommes notamment approchés par des laboratoires qui développent des anti-alphasynucléines. »

 

[1] Hypotension orthostatique, troubles du rythme cardiaque, des systèmes urinaires e digestifs, de la déglutition, de l’érection, du sommeil voir : https://www.ams-aramise.fr/articles.php?lng=fr&pg=1473&tconfig=0

[2] GIRCI SOHO : groupement interrégional de recherche clinique et d’innovation Sud-Ouest Outre-Mer Hospitalier - http://www.girci-soho.fr/

APITHEM Appel à projet interrégional thématique

Glossaire

CRMR

Le Centre de Référence Maladies Rares de l’AMS est implanté au sein de deux Centres hospitalo-universitaires, à Bordeaux et à Toulouse. Les deux équipes accueillent les malades en recherche d’un diagnostic ou d’une confirmation de diagnostic d’AMS. Au terme de la consultation qui peut comporter différents examens et nécessiter une courte hospitalisation, le Centre de Référence transmet au Centre de Compétences le plus proche du domicile ou aux médecins – neurologues et généralistes – qui assurent le suivi de la personne, des préconisations de soins : kinésithérapie, orthophonie, suivi urologique etc….
Le Centre de Référence Maladie Rare de l’AMS remplit également un rôle essentiel dans les développements internationaux de la recherche fondamentale concernant la compréhension de la maladie et de la recherche appliquée concernant l’amélioration du diagnostic et les pistes de solutions thérapeutiques.
Créé en 2006 dans le cadre du 1ier Plan National Maladies Rares initié par l’Etat, le CRMR de l’AMS a été relabellisé en septembre 2017. Il est en lien avec 16 Centres de Compétences de l’AMS répartis sur le territoire national. Tous s’inscrivent au sein d’une des 23 filières de santé des maladies rares créés en France en 2004, la filière Brain-Team qui concerne les maladies rares du système nerveux central.
( lien pdf à partir du tableau Excel liste des Centres de compétences)


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Rédaction : Catherine Mallevaës-Kergoat, Mise en page : Jacques Vairon.