Essai clinique BIOGEN

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BIIB 101 de BIOGEN devient ION 464 chez IONIS-Pharma :


les inclusions de patients suspendues pour le moment

 

logo_IONIS-Biogen.jpg   Le groupe pharmaceutique américain BIOGEN a confié en juillet 2022 à Ionis l’essai clinique de phase 1 de son composé BIIB101 devenu ION464. IONIS est une société de biotechnologie implantée en Californie qui développe dans plusieurs types de pathologies la technologie « antisense oligonucleotides » (ASOs).

   

       L’essai clinique de phase 1 ‘’HORIZON’’ lancé en novembre 2019 par la société américaine Biogen concernait un effectif très limité de volontaires (34) souffrant d’AMS, recrutés uniquement en Europe, sans aucun site investigateur aux Etats-Unis. L’inclusion des patients a été suspendue et dans l’attente de données de sécurité supplémentaires demandées par les Agences de Santé.

     Ces données seraient en cours d’élaboration avant une relance de l’inclusion d’une quarantaine de patients dans les hôpitaux ci-dessous :
    ● Allemagne
         - Ulm
         - Hanovre
         - Marburg
         - Dusseldorf
    ● Autriche : Université de médecine d’Innsbruck,(recrutement en cours juillet 2022)
    ● France
       - Toulouse : Hôpital Purpan,
       - Paris, Groupe Hospitalier de la Pitié-Salpêtrière
       - Lille : Hôpital Roger Salengro – CHU

    Les patients volontaires pour cette thérapie génique se verront administrer, à trois reprises espacées de 4 semaines, une injection d’oligonucléotide par voie intrathécale (ponction lombaire) dans le liquide céphalo-rachidien. Pour ceux qui recevront bien le ION464, il s’agira de 3 doses croissantes de ce candidat-médicament.

     Les volontaires pourront participer ensuite à une extension de l’étude. Cette 2ième partie d’une durée totale de 96 semaines comportera 72 semaines de traitement suivies de 24 semaines d’observation.
     La 1ière partie de cette étude de phase 1 vise à évaluer « l'innocuité, la tolérabilité et la pharmacocinétique (étude du devenir d'une substance active après son administration dans l'organisme) du ION464 administré par voie intrathécale aux adultes atteints d'atrophie multisystématisée ». La 2ième partie permettra d’en tester l'innocuité et la tolérabilité à long terme.

 

 ION464, un essai de thérapie génique


     ION464 est un oligonucléotide antisens (ASO). Il va cibler l’ARN messager (ARNm) du gène SNCA qui contrôle la production d’alpha-synucléine, cette protéine qui s'accumule de manière aberrante dans le cerveau des patients atteints d’AMS, considérée comme l'une des principales causes de la maladie.

     ION464 ne va pas toucher à l’ADN des patients ni à aucun de leurs gènes. Il modifiera seulement les copies, les « plans d’exécution », que l’organisme utilise pour produire la protéine incriminée. On suppose que la réduction de l'ARNm du gène SNCA et, par la suite, la synthèse réduite de la protéine alpha-synucléine diminueront les effets toxiques de l’alpha-synucléine chez les patients atteints d’AMS, sans mutations du gène SNCA dans l’ADN.

La technologie antisens d'Ionis

Ionis est un laboratoire de biotechnologie qui développe exclusivement des thérapies antisens - également appelées ‘’oligonucléotides antisens’’, ou ‘’ASO’’ - conçues pour se lier à l'ARN, stoppant le processus de création d'une protéine pathogène. Il décrit ainsi son approche de la maladie :

Approches traditionnelles contre antisens.

     « Pour comprendre comment Ionis utilise la technologie antisens pour révolutionner la découverte de médicaments, nous devons d'abord examiner le fonctionnement des médicaments traditionnels dans le corps.

schema-Ionis.png     Le corps humain est composé de milliards de cellules, chacune contenant l'information génétique unique, ou ADN, qui définit une personne. L'ADN contient des instructions pour fabriquer toutes les protéines du corps humain.

     Les protéines sont des éléments de base cruciaux pour la structure et le fonctionnement de tous les organes et systèmes du corps humain. Mais la surproduction ou la sous-production d'une protéine, ou la production d'une protéine mutée, sont des causes courantes de nombreuses maladies humaines. Depuis plus de 100 ans, la plupart des médicaments traditionnels comme les inhibiteurs à petites molécules ou, plus récemment, les thérapies à base d'anticorps ciblent ces protéines une fois qu'elles sont produites et qu’elles causent des dommages dans le corps.

     Les thérapies antisens modifient le processus de production d'une protéine avant même qu'il ne commence. Pour construire une protéine, une cellule doit faire une copie de l'ADN, qui contient des instructions spécifiques sur la façon de fabriquer cette protéine particulière. Cette copie, appelée ARN messager (ARNm), transmet les instructions à la partie de la cellule où les protéines sont fabriquées.

     Les thérapies antisens sont conçues pour rechercher, lier et détruire un ARNm d'une manière hautement spécifique, de sorte que la quantité de protéines pathogènes est considérablement réduite. Les thérapies antisens peuvent également traiter les maladies causées par trop peu de protéines en augmentant la production de la protéine, restaurant ainsi la protéine à des niveaux normaux. »

mise à jour : août 2022


 

Glossaire

Alpha-synucléine


Les dysfonctionnements de l’alpha-synucléine sont à l’origine de plusieurs pathologies appelées « synucléinopathies » : l’AMS, la maladie de Parkinson, la maladie à corps de Lewy.


L’alpha-synucléine est une petite protéine abondante dans le cerveau et nécessaire à son alpha-synucleide.pngfonctionnement.


Pour des raisons inconnues, cette protéine peut adopter une mauvaise conformation, jusqu’à former des agrégats. Ces agrégats vont encombrer les neurones, mais aussi, dans l’AMS, les oligodendrocytes, ces cellules de soutien des neurones. De plus, l’alpha-synucléine mal repliée propage de cellule en cellule son fonctionnement anormal. C’est pourquoi cette protéiné encore mal connue, ses différentes souches, son mode de propagation sont la principale cible des stratégies thérapeutiques visant l’AMS et les maladies voisines.


En savoir plus :
Voir la  page "Au commencemen de la recherche, les cellules oligodendriales"


Voir la vidéo « l’alpha-synucléine dans l’AMS », par Pierre-Olivier Fernagut, coordonnateur du Conseil scientifique d’Aramise.